Charity run Ironman Tallinn


Course, Elle, En couple, Run / jeudi, août 15th, 2019

Déjà plus d’une semaine depuis la Charity Run Tallinn « Seve Ehituse heategevusjooks Tallinnas » *respire*. Si vous nous suivez en direct vous avez déjà eu un petit retour sur notre séjour à Tallinn. Si pas, je vous laisserai découvrir tout ça dans la vidéo que Julien est en train de préparer !

La course

Cette « Charity Run » vient en aide aux enfants résidants dans des instituts spécialisés. Sur tous les ironmans (140.6 ou 70.3) ou presque, il y a généralement un jogging proposé avec plusieurs distances.

Chaque jogging proposé (pour les adultes) est une course caritative. On retrouve l’IronGirl sur certains événements qui a la particularité d’être réservée exclusivement aux femmes. Sinon, c’est un jogging mixte, comme à Tallinn ou en Afrique du Sud. Des plus petites distances pour les enfants sont aussi proposées, de quoi ravir tous les accompagnants/supporters venus encourager les triathlètes !

Premier jogging depuis l’opération

J’ai recommencé à courir il y a environ un mois et demi, deux mois. Je suis repartie de la base, c’est-à-dire alterner marche et course à pied. Le genou supporte mais heureusement que c’est lentement. A chaque fois que nous allons sur une Ironman je participe au jogging proposé. Ici j’avais envie de marquer le coup et de participer à cette Charity Run.

Charity run ironman Tallinn 2fortri

L’avantage c’est que ce n’était pas un 5km, mais un 4,2km annoncé pour un réel 3,7 km. C’était donc un signe pour moi -vu la petite distance- d’y participer. J’avais le feu vert de ma gynécologue pour la course à pied, et si je gérais bien ma course, il y avait moyen. Dans le pire des cas, on m’a dit que je pouvais le faire également en marchant !

Quand on me connait…

Evidemment, si on me connaît un minimum, j’avais envie de tester la course en… courant ! Mais pas de contraintes. Je me rends bien compte que je ne suis pas seule et que si j’inflige quelque chose à mon corps, je l’inflige également à notre enfant, alors prudence est mère de sureté, comme on dit.

Récit de course – Charity Run

J’essaie de m’échauffer un peu. Auparavant je ne le faisais pas trop mais là c’est aussi important. Comme je fais moins de sport, je suis moins souple qu’avant et vachement plus raide au niveau des articulations.

Je pars donc trottiner un peu avec Antonella, une amie qui participe également au jogging et dont son mari, Olivier, participe à l’Ironman. Déjà ça nous a permit de nous rendre compte que le premier tournant précède une côte assez longue… et qu’on était vachement rouillées ! Sans compter qu’une partie de la course se déroule dans la vieille ville de Tallinn… remplie de pavés !

On se mets dans le sas de départ. Certaines personnes me jettent des regards en coin « elle est enceinte, elle court ». Relax papy, je suis pas venue ici pour faire un RP. De toute façon t’es enceinte tu fais rien on te critique, tu fais quelque chose on te critique… et spoiler alert: t’es pas enceinte, c’est la même chose ! Du coup, petite parenthèse: chaque femme a une vie différente, un passé sportif (ou pas) différent et surtout chaque grossesse est différente. Alors si vous avez le feu vert des médecins, et que VOUS, vous sentez que c’est ok (et que vous avez déjà testé le terrain progressivement), pourquoi se préoccuper des autres ?!

C’est parti !

Charity Run Tallinn Ironman 2fortri départ
Avant le départ !

Top, le départ est donné. Je ne cesse de me dire « ne part pas trop vite », « ne suit pas la foule ». Je sais que je vais terminer dans les dernières, si pas la dernière. Mais je m’en fous (been there, done that) mon seul objectif est de terminer, même si je dois le faire en marchant.

A la première côte (donc même pas 200m plus loin) je me motive, ne pas m’arrêter si ça va, faire des petits pas, un pas après l’autre, un mètre après l’autre.

Je me retrouve donc vite derrière et ce n’est pas grave. Je fais ma petite course tranquillou, en me disant que je serais fière de moi, Julien sera fier de moi, et je suis là où je dois être. Alors je garde le sourire, je suis contente, je suis même heureuse.

Bon, après on arrive dans les pavés et là tout de suite ça fait un peu plus mal. Ce sont des pavés vraiment à l’ancienne, où tout ressort et où il faut bien regarder où on mets les pieds. Alors je fais attention, j’essaie d’emprunter les trottoirs ou les rigoles qui sont plus « lisses ».

Keep going !

L’ambiance dans la ville est vraiment bonne, tout le monde nous encourage, fait du bruit. Il y a du folklore et ça fait vraiment plaisir. Contrairement au jogging ou j’avais terminé bonne dernière car arrivée en retard (>CR ici) et où j’avais fait mon dernier tour réellement SEULE, ici je ne me sens pas seule. Je m’amuse bien et ça me fait un peu oublier les pavés.

Après quelques temps quand même je commence à sentir les pavés malgré tout. Le genou fait un peu mal mais c’est surtout la cheville qui morfle. Est-ce que je force sur la cheville de peur d’avoir mal au genou ? Je ne sais pas trop, quoi qu’il en est, il me faudra quelques jours pour ne plus avoir de gêne à ce niveau la.

Je suis presque au bout, je n’ai toujours pas eu le besoin de marcher, quand Julien vient me rejoindre. Il m’indique qu’il ne reste plus grand chose et que je suis presque au bout. J’essaie de garder le rythme, de ne pas accélérer pour ne pas qu’il m’attende car je sais que je ne tiendrai pas.

J’y vais lentement, mais surement et comme on avait déjà vu la ville, je me repère et me rends compte que nous ne sommes en effet plus très loin de l’arrivée !

I did it !

Charity run ironman Tallinn arrivée 2fortri Julien Marine tri couple

Je passe la ligne, je prends mon diplôme (dommage que ce ne soit pas une médaille, ça aurait été la première de notre petit bout :p) et surtout je bois un bon coup (d’eau!) ! Je n’en reviens pas. Ce n’était pas facile et en même temps ça m’a permis de me rendre compte que avant l’opération, et pendant ma prépa pour mon 70.3 (récit ici) j’étais bien. On a tendance à voir le négatif actuel, où on se dit « je ne suis pas dans les temps pour mes séries » alors qu’on oublie tout le chemin parcouru. Le contraste entre être heureuse avec 3,6km très lent pour moi, et ma déception quand je n’avançais pas sur mes entrainements ou sur mon semi. Mais un semi, ce n’est pas rien !

Charity run ironman Tallinn les runners 2 fortri

Bref, tout ça pour dire que le sport, peu importe son échelle, peut faire un bien fou ! Je termine cette course en 28 minutes, c’est pas foufou mais l’objectif est rempli pour moi ! Je ne me battais contre personne, même pas contre moi même. Tout ce que je voulais c’était me prouver que j’avais encore de la détermination à accomplir mes objectifs. La route sera longue avant la reprise du triathlon entre l’opération, la prise de poids et la grossesse. Mais chacune de ses choses m’ont apporté du positif et si je l’ai fait une fois, je le ferais deux fois.