Ironman 70.3 Luxembourg – Mon premier Half-Ironman !


Course, Elle, Triathlon / mardi, juin 26th, 2018

Hello les amis ! Me voici de retour pour vous faire le récit de course de mon tout premier half ironman ou plus connu sous le nom de 70.3. Vous le savez certainement déjà (ou peut être pas) mais j’ai participé au 70.3 du Luxembourg Région Moselle. A travers de ce -long- article, je compte vous parler de mon choix de course, pourquoi un labellisé et évidemment tout vous raconter ! Un conseil : préparez vous une petite tasse de café, ça risque d’être long !

• MON CHOIX DE DISTANCE, DE LIEU ET DE LABEL •

J’ai commencé le triathlon il y a maintenant 3 ans (>>mon premier récit de course c’est par ici) avec un dstance S (500/20/5). A l’époque 5km c’était un bel exploit pour moi en course à pied, et 10km c’était rare voire sortir de ma zone de confort. Alors j’étais loin d’imaginer que deux ans plus tard je prendrais le départ d’un 70.3. Julien lui commençait cette distance avec Indeland et puis Vichy et c’est clair que ça faisait rêver ! La seconde année où il a participé à Vichy nous y avons rencontré quelques personnes avec qui nous discutions sur Instagram @girlytriathlete @ironmanforgirl @elo_love_tri @a3athlete @chupssette @maman_et_triathlete,…) et sans le savoir, vous m’avez donné envie de tester la distance mais surtout vous m’avez boostée en me disant que j’étais capable ! Alors je me suis dit que l’année suivante, moi aussi je prendrais le départ à Vichy.

Bon, comme vous le savez Julien s’est qualifié en Afrique du Sud pour les Championnats du Monde sur circuit Ironman 70.3 du coup on sera là-bas et je ne pourrais pas faire Vichy.

Donc j’ai cherché une autre course. Le Luxembourg s’est un peu imposé comme une évidence pour plusieurs raisons : La proximité. L’air de rien ça coute moins cher au total puisque nous pouvons partir la veille de la course et loger une seule nuit sur place. La Facilité. C’est moins loin, c’est moins contraignant et encore une fois moins couteux puisque l’Afrique Du Sud c’est déjà un budget (même avec le souper qui a été organisé ça reste quand même quelque chose) et le souper nous a permis, derrière, de pouvoir s’offrir quelques vacances. Parce que finalement les 3/4 des congés pris cette année sont destinés à des voyages pour des courses et donc ce n’est pas toujours de tout repos. Enfin, la possibilité de partager cette course avec d’autres personnes. Ni une, ni deux, j’ai proposé à mon acolyte de course, Sophie, si ça ne la tentait pas de faire un 70.3 cette année. Juste pour tester la distance et parce que on a évolué ensemble. D’autres tri-copines étaient présentes sur la course et honnêtement ça faisait plaisir !

POURQUOI UN LABELLISÉ ?

Alors oui, j’ai choisi le Luxembourg par facilité et peut être par défaut mais je ne regrette rien. Certains m’ont demandé pourquoi un label Ironman pour mon premier ? Ca coute cher, pas certain que la distance plaise, etc… Et je comprends clairement ! Je disais aussi la même chose auparavant. Que si un jour je faisais un demi je ne ferais pas un labellisé pour commencer. Pourquoi payer si cher si on est même pas sur de se plaire sur la distance?

Tout simplement parce que j’avais envie de vivre l’expérience Ironman. C’est pas plus compliqué que ça. On paye cher mais tout est mis en place lors de l’événement pour que tu ne te poses aucune question. Tout est balisé, signalé, sécurisé, etc. L’ambiance est là (j’en parlerais un peu plus loin) et puis la satisfaction de passer cette arche c’est quelque chose. Alors oui, on est bien d’accord, c’est beaucoup de marketing. On va pas se  mentir. Mais j’en repars pleine de souvenir, avec une belle grosse médaille (bling-bling haha #thuglife), un joli t-shirt et un chouette sac à dos. Quelques courbatures et beaucoup de fatigue mais ça, c’est éphémère.

POURQUOI SI « TÔT » ?

Au début je ne planifiais pas du tout de faire cette distance. Mais voilà, nous avons des projets avec Julien (construire notre petite famille…) et j’avais envie de tester la distance, en one shot, juste pour y gouter. Parce que si tout se déroule comme nous le souhaitons, je ne sais pas trop si j’aurais le temps, l’envie, ou autre pour refaire une prépa pour un 70.3 avec un mini nous à côté. Alors oui nous serons deux à le faire hein je le sais, et si on arrive à se caler une organisation où je pourrais plus facilement reprendre le sport quand j’en aurais envie, ce serait cool. Mais ce ne sera pas ma priorité (de faire un 70.3 hein, la reprise du sport j’espère dès que possible). Mais on s’éloigne du sujet ! Du coup, même si je ne dois d’explication à personne, ça vous aide aussi à comprendre mon parcours et ma réflexion quant à cette course. Il va être temps de rentrer dans le vif du sujet ! Si vous avez déjà fini votre tasse de thé/café, resservez-vous, on est qu’au début !

• PRÉPARER UN 70.3 •

Pour rappel, ou pour ceux qui n’ont pas l’habitude, un 70.3 c’est 1900m de natation, 90,1km en vélo et 21,1km à pied. Et 70.3 (140,6 pour un full) c’est la distance totale de la course mais en miles ! Je ne parlerais pas de programme d’entrainement ou quoi que ce soit car 1) ce n’est pas mon boulot et 2) je n’y connais strictement rien. Mais il faut se préparer à une chose, préparer un 70.3 ce n’est pas préparer un distance S (500 ou 750/20/5) ou un M (1500/40/10). Ça ne nécessite pas forcément de s’entrainer 20h semaines mais la préparation dépends aussi de vos objectifs. Si vous voulez terminer votre course en 4h30, on est bien d’accord que la préparation sera différente que si vous voulez juste terminer dans la barrière horaire et pas viser une performance. Attention, quand je dis performance, je parle d’un chrono de dingue. Parce que réaliser un 70.3, ou même un S ou un M, c’est déjà une performance ! Et chaque course est différente pour tout le monde.

Donc pour ma part, après deux ans à faire majoritairement des S et un M par an, forcément la charge d’entrainement à changé du tout au tout. Je n’avais pas forcément plus de séances mais elles étaient plus longues. En tout cas c’était mon impression. Alors parfois j’avais du mal à trouver la motivation. Mon gros problème c’est que en course je me sens super bien, ça ne me dérange pas de faire un effort plus long, plus dur. Mais en entrainement j’ai parfois du mal à trouver la motivation, la carotte au bout du bâton. Donc cette prépa n’a pas été des plus simples. Je voulais également perdre du poids, ce que j’ai fait, mais peut être trop tôt. Et du coup j’ai tout repris pour la course huhu. Remarquez que à voir le positif partout, ça me faisait des réserves pour la course !

Après vient toute la logistique ! Trouver un logement, s’organiser pour le voyage etc. Evidemment dès que j’ai pris ma place pour le Luxembourg j’ai réservé un logement, même si j’ai changé par la suite. Et la veille de la course, je me suis rendue compte que le même weekend il y avait un événement Fitness dans la région. Du coup beaucoup d’endroits étaient bookés pour l’Ironman ET pour l’event fitness. Vraiment les deux sports opposés.

J’ai de la chance d’avoir Julien qui a été aux petits soins avec moi et qui m’a aidé dans ma pérparation, dans la veille de course et le jour même évidemment.

Bon ce récit de course il arrive oui ou non ?

• IRONMAN 70.3 LUXEMBOURG – RÉGION MOSELLE •

LE JOUR J et J-1

Ca y est. L’attente est presque au bout. C’est le moment, c’est l’instant ! Réveil à 5h45. Je dois juste déjeuner et on veut arriver assez tôt pour se garer pas trop loin. Comme ça j’aurais aussi le temps de finaliser les derniers préparatifs. La veille j’ai été chercher mon inscription (dossard, puce, autocollants, sacs de transitions) avec le fameux sac à dos que l’on reçoit en cadeau.

2fortri Ironman 70.3 Luxembourg Marine zone transition

Pour ceux qui ne me suivent pas sur instagram, samedi midi, avant de démarrer, je me suis rendue compte que mes cales étaient cassées ! Il manquait un bout sur une et c’était pas très loin pour l’autre. Nous avons donc fait un saut au Decathlon de Namur qui était sur notre route pour acheter des cales. C’est peut être pas le plus judicieux de changer de cales le jour de la course mais c’était vraiment trop dangereux de garder mes vieilles cales, donc tant pis.

2fortri cales vélos ironman 70.3 Luxembourg

Donc samedi fin d’après midi je teste les nouvelles cales, je prépare mes sacs de transitions et direction le parc à vélo. Dimanche matin je suis venue ajouter mes bidons, ma nourriture et remettre mes sacoches sur le vélo (nutrition & réparation). Je retrouve Sophie au parc à vélos (qui n’est pas très loin de moi donc facile de tomber dessus) et nous commençons à nous demander ce qu’on fout ici. Evidemment !

Je regonfle mes pneus, je vérifie que tout est en place et puis… y a plus qu’à ! On se dirige donc vers la sortie du parc et le début de la natation. Nous sommes en avance donc on en profite pour discuter avec nos proches, et essayer de se changer les idées. On est assez contentes car il fait beau et le soleil va nous accompagner pendant la course.

Tic-tac, l’heure du départ se rapproche !

9h départ des Pros ! D’abord les Hommes, ensuite les Femmes (si je ne me trompe pas). Ensuite vient les paratriathlètes et enfin les individuels et relais à partir de 9h15. Départ par Rolling Start. Une petite pensée pour ce mec qui a du siffler dans son sifflet toutes les 4 secondes pour 1666 personnes (à vos calculettes) ! Avec Sophie nous nous plaçons dans le box des 25-30. Je sais que je suis au dessus des 30 mais sur les conseils avisés et comme 90% des gens le jour de la course, on se place dans un box de départ plus tôt que le temps que nous allons faire. Le départ se rapproche, ça y est, l’attente est FINIE !

Ironman 70.3 Luxembourg MA&VA Girls Swim 2018

TOP DÉPART : SWIM – 1900M

1,2,3,4 *coup de sifflet*, avec Sophie on se tape dans la main juste avant le départ et on se souhaite plein de courage et du plaisir sur la course ! Je pense que je vais pleurer dans mes lunettes, ça y est, j’y suis. Je pense que je ne me rends toujours pas compte de l’effort qui m’attends.

On s’élance et on court vert l’eau, évidemment, on descends la passerelle et on se jette à l’eau. Je retiens les conseils que l’on m’a donné : pour nager à contre courant rapproche toi de la berge. Quand tu es dans le sens du courant tu te mets le plus au milieu. Du coup je tiens peut être fort ma droite en nageant, je pense même à un moment trop, car je vois le sol haha. Là je repars un peu vers la gauche car sinon je ne sais pas faire un bon mouvement de bras et je mange les plantes… Je nage. J’essaye de penser à ma poussée arrière, à bien glisser vers l’avant. C’est pas trop ça et je sais que j’ai perdu en natation mais bon, quand on boude la piscine, faut pas s’attendre à des miracles j’ai envie de dire ! Je respire sur la droite et je peux donc apercevoir à chaque fois Julien, Nicky et Yves qui m’accompagnent le long de la berge pour m’encourager.

Je crois que je ne me rends pas compte des 1900m. Aucune idée d’où est la bouée, je suis le mouvement. J’essaye juste de nager le plus droit possible et de ne pas me retrouver entre deux personnes. Arrive la première bouée, demi tour et on nage dans le sens du courant !

Je dois faire pipi ! D’habitude je fais pipi dans ma combi juste avant le départ. Mais tous mes départs en eau libre ont été donnés dans l’eau. Du coup faire pipi en nageant c’est la première fois. D’ailleurs je n’y arrive pas ! Ca passe, puis ça revient… Que faire ? Bon j’essaye de me laisser aller au niveau des jambes et je me concentre à fond pour essayer d’y arriver tout en essayant de nager convenablement. Genre je peux pas m’arrêter en plein milieu « excusez-moi je dois faire pipi ».

J’y arrive enfin, tant bien que mal, et quel soulagement ! Je repars l’esprit tranquille et j’aperçois la bouée pas très loin. Avec la clareté je vois ce qui est écrit sur ma montre dans l’eau et je suis à 1500m, allez presque au bout ! Demi tour, et direction la sortie de l’eau. Je recommence à nager sur ma droite puisque nous revenons à contre courant. La sortie n’est pas très loin ! Déjà ?!

TRANSITION 1 – SWIM TO BIKE

Sortie de l’eau. Je bipe la transition, je remonte les lunettes et je commence à enlever la combi. La transition est assez longue. Le parc à vélo est également très long et là où je suis positionnée je dois courir majoritairement avec le vélo que sans. Bon, chaque chose en son temps.

J’enlève la combinaison en courant, je trouve mon sac directement car je m’y suis préparée la veille ! Où m’arrêter pour le trouver directement ? Là je vois que la tente est remplie et tous les bancs sont pris. Bon, pas de soucis, je me change en dehors de la tente et j’en profite pour voir Julien (de loin) qui m’encourage ! D’ailleurs il me dit « aller mon chat, c’est bien, aller on y va hein, au taquet » et qui me dit ensuite « prends ton temps, ne te précipite pas ». Je lui ai donc répondu « je fais quoi ? Je me dépêche ou je prends mon temps ? » avec le sourire aux lèvres. Ca le fait rire aussi et ça me fait du bien de le voir là !

Je tape directement la combi, les lunettes et le bonnet dans le sac, que je jette dans la zone pour me diriger vers mon vélo. La je suis très contente de m’être « entrainée » la veille à repérer mon vélo auprès de tous les autres.

J’embarque le vélo et c’est parti pour 90km…

2fotri marine transition vélo ironman 70.3 Luxembourg rémich région Moselle 2018

BIKE – 90,1KM

Je commence à traverser le parc à vélo en courant pour ensuite continuer sur la route et prendre le départ un peu plus loin. La transition est longue… mais me voilà partie pour 90 kilomètres !

J’ai déjà mangé la moitié de ma compote sur la zone de transition et là j’entame un morceau solide. Le temps de le digérer c’est le temps que j’arrive dans la côte. On commence par 38km de vélo sur du plat avec un aller retour. Ca roule bien mais j’essaye de ne pas non plus pousser trop fort et de rester dans les 90 tours minute.

Je fonctionne comme ça, à vouloir m’économiser au cas où. Je me dis que si je pousse trop fort sur le plat et que je ne fais pas assez tourner les jambes, je vais le payer dans les côtes et puis à pied aussi ! Donc j’avise. Après tout je suis là pour me connaitre sur la distance aussi donc pas de stress.

Tout le monde me dépasse en vélo mais je m’en balance un peu quand même. Je me mets sur les prolongateurs et en route!

Je pense à bien boire, surtout avant les côtes, où là ça va être un peu plus difficile de m’hydrater. Après le demi-tour je galère un peu car on se prends le vent de face et je vois bien que je n’avance plus trop mais bon. Je me dis que ce n’est pas maintenant que je dois me cramer avec ce qui m’attends.

On arrive enfin à la première côte et j’ai l’impression que c’est là que le vélo commence. Je monte comme je peux. Je suis nulle en côte, mais tant que je monte je suis contente ! Je me souviens vaguement du parcours et je sais qu’ensuite nous attendent quelques tournants un peu en épingle. Alors je fais juste attention aux virages !

J’arrive au kilomètre 43 où toute la team support est présente ! Ca me donne du courage pour la suite de voir tout le monde et d’entendre Mylène « Voila Mariiiiiiiiine » et les encouragements collectifs ! J’en profite pour faire la débile comme d’habitude en faisant un signe de « Princesse au balcon » haha.

ironman 70.3 Luxembourg région Moselle 2018 vélo B’twin

Ensuite nous avons un petit faux plat suivi d’une belle descente. En haut du faux plat je vois un bout de papier par terre d’une barre « ouverture facile ». Je me dis « oh, une remontée produit à faire à l’équipe apto, que le bout de papier s’est peut être déchiré ». Devinez qui a roulé sur le bout de papier ?

Bingo. Alors la roue qui fait « flop flop flop flop » m’indique parfaitement ma cadence et plus besoin de regarder ma montre. Non plus sérieusement je commence par me dire « ok, ça va s’enlever tout seul, pas de panique ». Après je commence à m’énerver parce que ça ne part pas, le bruit m’énerve et en plus je fais une fixette dessus.

Après une dizaine de kilomètres je me décide, enfin, à m’arrêter pour l’enlever car je n’y arrivais pas en roulant. Oui, j’ai essayé dans une côte -comme j’allais lentement- de l’enlever à la main mais impossible. Pour mon bien être mental c’était nécessaire de faire cet arrêt.

Je continue donc ma petite popote sur le vélo. Je suis super contente car aux ravitos j’ai réussi à prendre toutes les gourdes que je voulais. Sans me casser la tronche, sans avoir peur, sans blesser quelqu’un (n’oubliez pas que je suis assez gaffeuse…).

Je passe le dernier ravito et là… je dois faire pipi ! Bon je me dis pas de panique, il y a des toilettes sur le chemin ! Sauf qu’il y a des toilettes aux ravitos, ravitos dont je viens de passer le dernier. Donc plus de toilettes. Mais ça je ne le sais pas (pour les toilettes, pas les ravitos). Alors j’espère. Et espérer en ayant besoin de faire pipi, pendant 20km, c’est long. Très long.

Alors sur la dernière partie plate difficile de me remettre sur les prolongateurs avec un ballon de baudruche dans le bidou.

TRANSITION 2 – BIKE TO RUN

En réalité c’est Bike to pipi et pipi to Run. Je descends du vélo ! Waouw j’ai déjà fait 2 disciplines sur 3, c’est bon ma biche, tu vas pas lâcher maintenant. Ce que je redoutais le plus c’était d’avoir un soucis mécanique en vélo et/ou de carrément me casser la gueule.

 

Je descends du vélo et commence à courir dans cette transition très longue (en temps et en distance). Normalement c’est la transition la plus rapide MAIS c’est celle où j’ai mis le plus de temps ici. Tout simplement car à l’entrée du parc à vélo si je courrais mes pieds partaient dans tous les sens et j’ai eu peur 2-3 fois de me faire mal en l’espace de quelques secondes donc autant marcher ! La Julien s’inquiète un peu et me demande si ça va ? Je le rassure et lui explique juste avec les chaussures et la pause pipi.

Je file donc aux toilettes faire le plus long pipi de toute ma vie. Ensuite je prends mon sac de transition et me change à mon aise. Franchement je suis pas pressée et au moins je récupère de mon vélo.

Nous ne sommes pas beaucoup donc la bénévole qui est présente prends nos sacs directement ce qui est très sympa de sa part. Je démarre sur la dernière discipline, la course à pied, celle que je redoutais le plus.

RUN – 21,1KM

Je démarre la course à pied. Au feeling. Je ne sais pas exactement ou biper ma montre pour terminer la transition donc j’ai un peu fait au hasard. 

ironamn 70.3 Luxembourg course à pied semi marathon 2018

Je décolle, Julien m’encourage et me dit d’y aller à mon rythme. J’essaye de ne pas partir trop vite car après tout, ça va être long ! Je me sens bien, je suis à mon rythme. J’espère retrouver les sensations de Geel. Malheureusement ce ne sera pas le cas. Je suis déjà loin dans l’effort. Mon effort le plus long était une sortie à vélo de 5h ou 5h30 je ne sais plus trop. Mais ce n’était que sur une seule discipline donc encore différent. Là j’en suis à 4h10 d’effort et je commence seulement la course à pied.

Nous avons 4 tours à effectuer. J’entame le premier de manière assez correcte. Je me sens quand même bien honnêtement. Le second tour me semble déjà plus difficile. Je me dis que je suis à la moitié même pas et que ça commence à faire un petit temps que je n’ai rien pris. Je bois très peu en course à pied et toujours en marchand car j’ai vie mal au ventre. Je décide de prendre un gel sans cafféine avec un peu d’eau juste après le chouchou du 2ème tour.

Je prends mon gel, mon eau et recommence à courir. Malheureusement une douleur apparait au niveau droit du ventre. Je ne vois pas ce que ça peut être à part le gel avec trop peu d’eau. J’ai surement du commencer à me déshydrater malgré toute l’eau bue sur le vélo. Je marche un peu en espérant que ça passe. Je masse, j’étire, je recommence à courir mais dès que je cours la douleur revient instantanément. Difficile de continuer. Je force à un moment mais c’est de pire en pire et je n’ai vraiment pas envie d’abandonner. Je me résigne donc à marcher et essayer de courir de temps en temps jusqu’au prochain ravitaillement (qui est assez loin pour le coup…).

Une fois que j’y suis j’en profite pour descendre 2-3 gobelets d’eau, marcher un peu, me rafraichir. Finalement ça passe et ça commence à aller mieux ! Je peux recommencer à courir !

Pas de bol, d’avoir marché, je pense, m’a coupé dans mon élan. J’ai du mal à redémarrer.

J’arrive dans la foule de supporters donc je me dis aller cours, les encouragements des gens vont t’aider ! En fait ça dure le temps de la foule. Après je recommence à marcher un petit peu pour entamer mon 3ème tour. De nouveau j’alterne marche/course à pied et je bois bien à chaque ravito. Même si je marche, je suis contente de ne pas avoir de crampes et je prends ça comme un signe positif pour un premier 70.3.

Je passe pour la 3ème fois à côté du tapis et me rends compte que c’est la dernière fois. Je commence mon dernier tour, et après c’est finish line ! Déjà !? Ils sont passés vites ces 20kilomètres (ouai en fait non mais sur le coup ça va).

C’est marrant car en marchant un peu sur le dernier tour je lisais les panneaux ironman et un gars me dit « c’est moi où on dirait qu’ils les changent de place à chaque tour ». J’étais en train de me dire la même chose ! Evidemment que non mais je pense que comme on est plus crevés on fait plus attention à trop de chose (surtout qu’on marchait tous les deux).

Je passe le dernier demi tour et il me reste une ligne droite jusqu’à l’arche ! Jusqu’à la consécration de tout ça ! Allez Marine, c’est pas maintenant que tu vas lâcher ! Termine cette ligne droite en courant et tout va bien se passer ! Je recommence à trottiner à m’n’aise comme on dit. Je ne sais pas si c’est « normal » ou si c’est l’effet d’un gel, mais je retrouve de l’énergie et reprends une vitesse de course correcte pour moi. Je croise Maryline sur le tour en face et j’en profite pour l’encourager, ainsi que Moreno ! Sophie a passé la ligne d’arrivée ! J’ai pu la croiser deux fois à pied et l’encourager de loin aussi. Elle avait l’air vidée mais elle avait un bon rythme et je n’avais aucune inquiétude pour elle !

 

Maryline a toujours le sourire, c’est incroyable ! Et honnêtement ça redonne de l’énergie aussi de voir la banane qu’elle affiche sur son visage ! Allez, je suis presque au bout ! Je croise Elodie que j’avais rencontré à Vichy l’année précédente et que j’ai eu le plaisir de revoir au Lux. Elle a du mal car elle est malade et a du mal à respirer. C’est super courageux en tout cas d’être allée jusqu’au bout de sa course malgré les conditions (Bronchite asthmatiforme quand même!). J’essaye de papoter un peu avec elle pour lui changer les idées même si c’est un court instant et l’encourage pour la suite de sa course.

FINISH LINE

ironman 70.3 Luxembourg red carpet 2fortri Marine finish line

Je reviens dans la foule. En tout cas c’est un grand mot car beaucoup de personnes sont déjà arrivées (haha SANS BLAGUE), du coup les supporters sont partis féliciter leurs triathlètes préférés. Il n’y a d’ailleurs plus personne qui s’occupe des zones où les supporters peuvent traverser et on croise du monde un peu partout. Mais ce n’est pas bien grave, les gens sont respectueux et encouragent et c’est le principal.

Je suis à 200m de la ligne d’arrivée. Bon ok, je n’ai aucune notion de distance et très nulle en estimation, mais je ne suis plus très loin ! Je me voyais déjà passer la ligne, les bras en l’air, faire un truc à la Marine Leleu (sérieusement je déconne, je n’en aurais pas été capable haha), dire merci aux personnes qui attendent pour nous remettre notre jolie médaille, me retourner et regarder l’arche… #lecliché

Non. Au lieu de ça, les larmes sont montées directement dès que j’ai posé un pied sur la ligne d’arrivée. Les encouragements de tout le monde sur le côté et notamment de julien et des copines m’ont donné trop d’émotions. J’ai pleuré parce que je l’ai fait. Même si la prépa n’a pas été facile et que je ne l’ai pas toujours respectée. Même si jusqu’au dernier moment je me suis dit qu’il allait m’arriver un truc et que je ne pourrais pas terminer ou même prendre le départ de la course. Même si, il y a deux ans, quand j’ai commencé le triathlon, j’avais dit « jamais ». Et même si, il y a 5 ans je ne savais pas ce qu’était un Ironman et encore moins la différence entre un 70.3 et 140.6 (c’est pas grand chose je vous assure…). Même si j’ai du mal à croire en moi et ce en quoi je suis capable.

Alors oui, j’ai pleuré. Parce que dès le coup de sifflet du départ, tous les doutes sont partis. Toutes les craintes, les heures d’entrainement, la fatigue, les « j’ai pas envie », « je suis pas prête », « dans quoi on s’est embarquées », tout a disparu. A partir du moment où j’ai commencé à nager je me suis dit que 1) j’étais capable 2) j’avais bien fait de croire en moi et de me lancer ce défi 3) je suis là où je veux être.

Une fois la ligne d’arrivée passée, je reprends un peu mes esprits et essaye de calmer mes émotions. Je récupère ma médaille (ce serait con de ne pas la prendre hein haha) et j’essaye de retrouver Julien au plus vite. C’est près de lui que j’ai envie d’être, c’est le premier que j’ai envie de voir après ma course. <3

Alors oui, cette course m’a couté un petit bras. Sans vous mentir j’ai payé environ 280€ je pense avec l’inscription (255 + les taxes), 100€ de logement, un jour de congé et 324 chasses d’eau à mon avis (HAHA). Mais il n’y a pas un moment où je me suis dit que ça n’en vallait pas la peine, où sur la course je n’ai pas vu dans quoi j’avais investi cette somme. Oui ça coute cher, non je ne regrette pas.

• MERCI •

Je tenais encore à féliciter et remercier tout le monde ! Sophie déjà, parce qu’à partir du moment où je lui ai dit qu’on ferait bien un 70.3 ensemble, elle n’a pas hésité longtemps avant de se lancer dans cette folle aventure. Sophie si tu passes par ici, merci de partager toutes ces courses ensemble, ces objectifs communs et surtout partager toutes ces lignes de départ (et d’arrivée) ensemble ! T’as assuré sur ta course et je suis heureuse que tout se soit bien passé surtout !

Les tri-copines présentes sur la course et les supporters du jour qui ont été une équipe du tonnerre ! Même ceux qui n’étaient pas là physiquement et qui nous ont envoyé plein d’énergie !

Sans oublier les coachs ! Merci déjà d’avoir cru en moi et puis d’avoir du perdre du temps à lire mes retours séances. Vous voyez déjà la taille de l’article… Dites vous que pour mes retours séances parfois je blablate un peu aussi !

Et le meilleur pour la fin ! Julien, mon #partnerincrime, mon petit chat, mon meilleur ami, mon amour. Merci de croire en moi, de m’accompagner, d’avoir été aux petits soins, de m’avoir encouragée à chaque course, à chaque entrainement, à chaque étape de la prépa. Mes sautes d’humeur, ma « bornitude » et mes larmes. On vit de belles choses à deux !

C’est difficile de terminer cet article. Pour moi j’ai réalisé quelque chose d’énorme. Je parle en travail intérieur, en cheminement personnel. Les distances ça va. Ce qui est paradoxal c’est que quand j’ai commencé la course à pied et le triathlon 10km c’était vraiment une sortie longue pour moi. Même 8 ça me faisait un peu peur. Un distance promo c’était déjà bien. Un Distance Olympique c’était vraiment pour dire de sortir de ma zone de confort une fois.

Et puis on se rends compte qu’on est prêts à enchainer un demi distance et que avec le volume derrière, ça me semble vachement moins énorme qu’il y a 2 ans. Ou même 1 an ! Mais finalement on commence tous quelque part. Pour tout le monde (ou presque) 10km ça a été un jour en dehors d’une zone de confort. 90Km, 100km en vélo aussi. Nager 1900m en continu et en eau libre aussi finalement. On est tous partis de quelque part. On est pas tous obligés de faire un demi distance ou même un full. On a rien a prouver à personne à part à soi même alors faites ce qui vous plait, pour vous ! Pas parce que c’est la mode, ou parce que tout le monde le fait. Votre fierté d’avoir accompli vos objectifs sera éternelle. Elle sera toujours là dans votre tête, au coup d’oeil sur la médaille accrochée, au t-shirt finisher,… Et pour ceux et celles pour qui ça s’est moins bien passé, souvenez vous d’où vous venez, ce que vous avez déjà traversé et surtout, que parfois le chemin est un peu plus long. Mais vous en sortirez toujours grandis, même si parfois ça a un gout amer.

Merci à tous, déjà si vous avez lu jusqu’au bout parce que c’est très long. Mais de me (nous) lire, commenter, encourager. On anime peut être pas au mieux 2fortri car ce n’est pas toujours évident mais ça me fait toujours plaisir quand vous me dites que vous avez hâte de lire mon récit de course. J’espère qu’à travers vous pouvez revivre les vôtres, ou que ça vous donne envie d’essayer certaines courses.

Next race : Chtriman S avec l’équipe Aptonia et ses ambassadeurs !