Triathlon Relais – Handisport de La Gileppe avec Leg’s Go!


Course, Triathlon / dimanche, septembre 10th, 2017

Je vous raconte – ENFIN – mon expérience unique et géniale sur le triathlon promo en équipe relais mais pas n’importe laquelle! Cette année, c’était mon premier relais handisport avec l’association Leg’s Go! Avec un peu de retard (plus d’infos ci-dessous) je vous livre enfin cet enrichissement personnel vécu sur un moment très court et mes co-équipiers du jour sont de la partie aussi!

En 2016 je n’avais pas pris part au triathlon d’Eupen et j’avais participé à La Gileppe (promo) seule et Namur en relais. Cette année j’ai décidé de faire les trois mais différemment! Eupen seule, la Gileppe dans une équipe relais Handisport avec Leg’s Go et Namur seule.

Mon récit de course se fait très tard car je souhaitais faire contribuer mes partenaires d’équipe à cet article. Malheureusement les courses et les emplois du temps de chacun n’ont pas permis de rendre ça possible rapidement (moi y compris). Ensuite nous avons eu d’autres courses, la préparation de Vichy, Chièvres,… et me voilà à faire un récit de course avec 3 semaines de retard.

• Leg’s Go •

Avant tout, il faut que je vous parle un peu de l’ASBL. Parce que je ne pourrais pas vous l’expliquer aussi bien que sur le site, voici un petit aperçu. Mais je vous invite, sincèrement, à vous rendre sur le site et à en lire plus sur l’asbl mais surtout sur les personnes qui font de cette association ce qu’elle est devenue!

Triathlon handisport La Gileppe 2fortri leg's go

L’équipe de Leg’s Go est un groupe d’amis où chacun a décidé de donner de son temps avec ses compétences propres pour faire avancer le projet initié par Luc Huberty : permettre à des amputés de membre(s) inférieur(s) de pouvoir (re)connaître les joies de la course à pied. Le but n’est pas de « créer » des athlètes de haut niveau mais de permettre à des parents, des amis, des voisins… de courir à nouveau avec leurs proches, de participer à des épreuves sportives avec pour seul objectif de se dépasser. Et bien plus que le côté sportif, Leg’s Go permet, par son action, aux amputés de se reconstruire plus facilement, d’avoir une meilleure image d’eux mêmes…

Nous avons un membre de notre club de Triathlon (Pierre-Yves) plus qu’actif au sein de l’ASBL et c’est notamment grâce à lui que j’ai pu découvrir tout ça. Déjà d’une part lors de l’édition 2016 de La Gileppe puis au travers de son Facebook où je voyais toutes les courses ou événements auxquels il participait pour le profit de Leg’s Go.

Alors cette année, moi aussi j’ai envie d’aider et d’encourager! Je fais la demande auprès de Pierre-Yves pour participer dans une équipe handisport à La Gileppe. Je compte payer ma place comme si j’y participais seule, l’argent ne me pose pas de problème. Finalement l’association prends en charge les inscriptions des participants via Leg’s Go donc je ferais un don avec grand plaisir!

« Je vais vous montrer, je vais prouver au monde qu’à 25 ans, avec de la volonté, avec la gniak, avec du courage, avec ou sans pied, on peut faire de grandes choses ! »

Salut Dylan! Je le rencontre le jour même et j’avoue que je suis un peu timide! Heureusement que Stéphanie et Esther sont là car je ne sais pas quoi dire. Je suis admirative en fait. De ce que ces personnes font, de ce qu’elles ont subit et parfois subissent encore. Mais finalement l’atmosphère se détends un peu et je me sens un peu mieux!

Dylan a 25 ans et a perdu ses deux jambes, amputé juste en dessous du genou. Il partage son histoire, son accident, sur le site de Leg’s Go et encore une fois, je vous invite à y faire un tour (et à lire les histoires de tout le monde d’ailleurs).

• La course •

Notre team!

Pour changer, je prendrais le départ en natation! Je serais ensuite relayée par Pierre-Yves qui assurera la partie vélo, assez vallonée mais très chouette. Pour la course à pied, c’est Dylan qui prendra la relève. Esther et Stéphanie seront sur la course à pied avec lui pour pouvoir l’assister. A la base je n’avais pas prévu de courir. Puis finalement j’ai eu envie et j’ai hésité jusqu’au début de la course car j’avais encore (et toujours) une gêne au genou et avec Namur qui arrivait je voulais être prudente.

Ensuite je me suis dit que 1) ce n’était que 5km et surtout 2) j’ai encore un genou pour avoir mal. Des pieds pour courir. De quoi puis-je me plaindre, surtout aujourd’hui?

Je ne dis pas qu’il faut brûler la chandelle par les deux bouts et que demain je vais courir un marathon, mais il faut aussi analyser les choses correctement.

Triathlon handisport La Gileppe 2fortri leg's go

Grâce à Pierre-Yves, je me suis lancée vers une défi sportif auquel je ne m’étais jamais essayée. Me voilà partie avec Esther pour le Triathlon de la Gileppe, version accompagnatrices de Dylan que nous ne connaissions pas encore. Dans la voiture, nous nous posons des questions : serons-nous assez fortes pour pousser un fauteuil ? Nous nous rassurons en nous disant que si il le faut dans les côtes, nous marcherons…

Mon but : partager une expérience dans la bonne humeur et la positivité pour tous. Sur place, Marine nous attend déjà. Elle fera la partie nage dans le lac de la Gileppe et peut être la CAP avec nous. Pierre-Yves est également présent et assurera la partie vélo. Nous rencontrons Dylan avec qui le courant passe tout de suite bien. En attendant le départ, je lui demande comment il préfère qu’on le pousse et je lui demande de peut-être faire un test dans la montée. Et là, je comprends tout de suite sa motivation, en deux mouvements de bras il parcourt quelques mètres avant que je n’ai pu bouger d’un cm… Il nous dit qu’il n’a pas besoin qu’on le pousse mais plutôt le tenir afin qu’il garde le cap et qu’il tourne facilement.

Stéphanie D.D

Let’s Go!

Quel jeu de mots, hein!? Bref, le départ en natation arrive! L’eau du lac a sacrément baissé depuis l’année passée et la remontée jusqu’au parc est donc plus longue. Le départ pour les personnes Handisport (individuels ou relais) se fait quelques minutes avant le départ de la distance promo.

Triathlon handisport La Gileppe 2fortri leg's go

Nager avec peu de personnes, partir plus relax et surtout avoir de la place, ma foi, c’était très plaisant! Je démarre donc à mon aise et j’allonge. Autour de moi il y a des personnes qui ont encore tous leurs membres et d’autres qui ont eu moins de chance. Une jambe ou un bras en moins, d’autres handicaps, bref, c’est déjà admirable!

J’apprécie vraiment ma natation mais je me donne quand même à fond! Après tout, c’est une course! Je ne sors pas trop mal de l’eau en 00:12:51 pour 670m sur ma montre. La remontée est longue, je dois même marcher un petit peu sinon je risque de tout dévaler dans l’autre sens! Je reprends ensuite ma petite course jusqu’au parc à vélo et passe le relais à Pierre-Yves!

Nous suivons d’en haut, Esther, Dylan, Pierre-Yves et moi la superbe prestation de Marine dans l’eau et guettons sa sortie qui fut rapide. Pierre-Yves est prêt… Dylan aussi… Pendant la course de Pierre-Yves, Dylan nous met un peu plus la « pression » 😉 en racontant sa première et unique course, les 20 kms de Bruxelles et l’allure à laquelle il a réalisé cela. Je sens qu’il est impatient de démarrer. Je lui dis toutefois qu’il vaut mieux démarrer pas trop vite afin de ne pas se griller dès le départ. Il me dit « oui ok ».

Stéphanie D.D

Allez la team!

Pierre-Yves nous fait un beau vélo en battant son record personnel en 00:57:45! Belle performance quand on sait qu’il y a 400D+ sur 7km! Il revient donc assez vite au parc à vélo et il est temps pour nous d’accompagner Dylan sur la dernière partie de ce triathlon!

Va falloir gérer!

On ne se brief pas vraiment avec les filles avant le départ. On convient juste de donner tout ce qu’on a et de se relayer comme on peut. J’ai un peu – beaucoup – peur car la course à pied est ma discipline faible et les filles ont un meilleur niveau que moi. Comme Dylan est en chaise roulante je sais qu’il risque d’être assez rapide. Alors je vais vraiment me donner à fond pour pouvoir assurer quelques relais et assister Dylan dans les endroits plus « techniques » ou en côte.

Le parcours de la course à pied n’est pas très vallonné mais il y a beaucoup de petites relances. A pied on ne le ressent pas forcément très fort mais en assistance avec une chaise roulante on fait plus attention.

On part assez vite! Pour tout vous dire, je suis déjà à bloc et ce n’est que le début. Mais hors de question de laisser tomber Dylan et surtout les filles! J’essaye de suivre mais pas évident du tout. Elles commencent les premiers relais avec Dylan et je reste un peu en retrait pour ensuite taper une petite accélération et aider Dylan.

Pierre-Yves arrive, Dylan s’élance, Esther, Marine et moi avec lui et là je regarde ma montre et pour un départ cool, nous sommes à du 12,5 km/h. « DYLAN, on a dit cool »… Nous nous efforçons de nous relayer toutes les 3 mais Dylan et son accompagnatrice du moment étant chaque fois 5-10m devant, la tâche est difficile. Surtout qu’à chaque changement il accélère de plus belle.

Stéphanie D.D

Courir à bloc en poussant une chaise roulante, avec quelqu’un qui est dedans et qui se donne à fond et qui essaye de diriger en même temps sa chaise: ce n’est pas facile! Alors chapeau Dylan! Finalement c’est là que j’ai appris à le connaitre un peu plus! Malgré le fait d’être à fond, j’en ai profité pour discuter un peu avec lui. Je n’ai pas osé lui demander ce qui lui était arrivé, il a déjà du l’expliquer des milliards de fois et surtout ce n’est pas la seule chose qui résume la personne qu’il est. Autant parler de l’avenir et non du passé.

« Si on ne ralentit pas je vais te vomir dessus, désolée »

Triathlon handisport La Gileppe 2fortri leg's go

Je sens que le rythme est soutenu et je ne tiens pas. La course se fait sur un aller retour de 2×2,5km. Juste avant le turn point je laisse les filles continuer (peut être sur 100m) et je les reprends au retour pour mettre les gaz avec Dylan et qu’elles se remettent un peu. Seulement je tiens une allure assez rapide pour moi à ce moment là et même si je souhaite tenir jusqu’au bout, je sens que je vais finir par vomir.

Je préviens Dylan: « si on ne ralentit pas, je suis désolée mais je risque de te vomir dessus ». Il rigole et me dit que pas de soucis, il peut ralentir puisque la course on la fait ensemble et qu’on est à fond avec lui. Je réponds que non il n’a pas besoin de ralentir tant que ça et j’appelle les filles à la rescousse!

En plus pour couronner le tout, ça descend, ça descend et ça descend très légèrement mais ça descend… j’essaye de dire à Dylan qu’après il faudra remonter … J’aperçois enfin la moitié mais je suis déjà explosée. Nous repartons en sens inverse et bizarre pas de montée… Toujours pas compris ça… mais finalement heureusement…

Stéphanie D.D

Finish line!

Après 1km j’aperçois Pierre-Yves mort de rire qui nous attend pour continuer avec nous. Je comprends facilement son état : Dylan est 5 bons mètres devant, seul, et ses trois boulets tomate peinent à suivre derrière. Pierre-Yves prend le relais OUF! L’arrivée approche, Dylan accélère une nouvelle fois et nous nous efforçons à « sprinter » pour terminer avec lui. Je n’ai jamais été aussi rouge de ma vie ni mis autant de temps à m’en remettre mais Dylan m’aura appris que la volonté peut nous amener loin et qu’il faut croire en ses capacités.

Stéphanie D.D

Allez, on est presque au bout! On retrouve Pierre- Yves qui nous rejoint sur la fin du parcours pour nous soulager un peu! Je suis heureuse de le voir! J’essaye de tenir le rythme mais ils me devancent pas mal et je n’arrive pas à rattraper le groupe. Il n’y a que quelques mètres mais je sens que je suis au bout.

Nous traversons la ligne d’arrivée après 00:26:45 de course à pied (un peu moins pour moi puisque micro pause avant le turn point) pour 01h39 de course! Dylan a l’air heureux, et nous aussi! Je suis fière de lui, même si au fond je ne le connais pas! C’est dingue! Leg’s Go et lui m’inspirent tellement de sentiments positifs!

• Merci •

Triathlon handisport La Gileppe 2fortri leg's go

Course très spéciale où j’ai pu me donner à fond. Ce n’est vraiment pas quelque chose de facile de courir en tant qu’assistance pour une personne en chaise roulante. C’est très rapide, la position n’est pas forcément aussi bonne qu’en course à pied « classique » mais c’est tellement un challenge! J’admire vraiment ceux qui font ça sur des distances beaucoup plus grandes! On se remet clairement en question, on se rends compte de choses dont on n’avait jamais forcément fait attention avant. Quand c’est pour les autres on est capables de donner plus, alors pourquoi pas quand c’est pour soi?

Super expérience très enrichissante au niveau humain. Rencontre et découverte de nouvelles personnes qui forcent le respect et l’admiration. Très chouette moment partagé en relais et beau travail d’équipe.. .Une nageuse au top un vélo top et une course à pied gérée de main de maître par un Dylan enthousiaste performant…Une belle petite claque pour nous d’ailleurs. Tout le monde devrait au moins une fois vivre cette expérience.. .Cela permet de découvrir de très belles personnes et de garder les pieds sur terre tout en partageant un agréable moment en équipe.😍😍😍

Esther S.

Une expérience enrichissante humainement, sportivement et à refaire très vite … Pas avec toi Dylan hein je te ralentirais 😉

Stéphanie D.D

Alors merci! Merci Leg’s Go pour ce que vous faites; le triathlon de me permettre de découvrir autant de personnes enrichissantes (valides ou à mobilité réduite, peu importe); aux organismes qui permettent de mettre en place des événements aussi chouettes. Merci à cette équipe de choc où la bonne humeur et l’amusement étaient au rendez-vous.

Merci Dylan, pour ce petit moment de ta vie que tu as partagé avec nous. Ton histoire m’a donné des frissons mais l’avenir qui se dessine devant toi est rempli d’espoir et de nouvelles aventures que j’ai hâte de suivre! En espérant que tout se passe pour le mieux et que tu sois monté sur ressort comme Pistorius comme tu le dis si bien dans ta biographie.

Merci Luc Huberty d’avoir créé cette association. C’est « malheureusement » le genre d’association dont on entends parler quand on est concerné. J’ai la chance que ce ne soit pas mon cas, la chance d’avoir des cloches aux pieds, un genou qui flanche, des crampes au mollet,… Ce qui est certain c’est que ce n’est pas la dernière fois que je participe à un événement organisé par et pour l’association et ses athlètes.

Bon courage à tous et merci pour cette merveilleuse journée!