Reprise après les vacances avec le triathlon d’Eupen – Elle


Elle, Triathlon / jeudi, août 10th, 2017

On est tout juste rentrés de vacances il y a une semaine et c’est avec quelques kilos en plus que je prends le départ du Triathlon d’Eupen petite distance. Encore une fois je ne vise pas de chrono, juste terminer et essayer de gérer au mieux. Journée un peu particulière pour moi mais je vous raconte tout ci-dessous!

Planning de la journée

Particularité de la course: départ à 17h! Un peu spécial de passer toute sa journée à attendre sa course. On avait pas planifié grand chose mais c’est passé vite. Pour cette course je n’ai pas fait de préparation J-4 et j’ai juste mangé comme il faut de ma journée.

Petit déjeuner de course: galettes de riz, dinde, yaourt nature, miel, cake sport et café noir! Mon petit déjeuner préféré! Après ça, toutes les deux heures un morceau de cake sport et 3 heures avant la course… mon dernier repas! Pas très glamour: riz dinde!

On prends notre repas vers 12h30 et on démarre car on a quand même 1h30 de route!

Sur place

Nous n’avons jamais fait cette course et donc on ne savait pas trop comment ça se passait. Je m’attendais à quelque chose de similaire à La Gileppe avec un parking accessible et un peu plus pratique. Evidemment que non! L’organisation a prévu un « parking » le long de la route pour les participants. Du coup comme nous arrivons en même temps que la majorité des gens, on se retrouve garés assez bas. On a le temps, on ne sait pas trop, donc dans un premier temps on remonte tout pour aller chercher notre dossard.

Une fois le dossard en poche, on regarde un peu le parcours (surtout moi, salut la touriste). « Ah, il y a deux parcs à transition ». « Ah, après le départ en vélo on doit revenir ici, turn point et puis on redescends… ». Le temps de tout redescendre et de préparer nos affaires, il nous reste 1h. 1h pour tout remonter, déposer nos affaires dans les parcs différents et prendre le départ.

Si il n’y avait pas d’imprévus, ce ne serait pas marrant!

La première surprise c’est que lorsque l’on remonte vers le barrage un monsieur nous accoste dans la montée… et nous informe que les bacs sont interdits dans le parc à transition! Ah bon? C’est nouveau. On a pas le temps de tout redescendre et tout remonter avec nos affaires en main ou dans un sac. Tant pis, on déposera le bac sur le côté et si on nous le pique et bien tant pis. Je me dis que de toute façon vu tous les bacs qu’on a croisé, on ne sera pas les seuls!

Par facilité on décide de déposer nos affaires de course à pied en premier lieu et puis le reste dans l’autre parc comme il est plus proche du départ. Lorsque l’on arrive au parc à transitions, le référé nous dit qu’on ne peut pas entrer avec nos bacs. On doit tout déposer sur le côté et puis prendre ce dont on a besoin et rentrer. Pour rendre tout ça encore plus agréable il commence à pleuvoir! Donc je récapitule: Je suis en retard (départ à 17h pour moi, il est 16h45, toujours pas mis ma combinaison); il pleut à cordes et ma combinaison est trempée.

Triathlon d'Eupen, 2fortri, Elle,

Je dépose tout sur ma zone de transition! Heureusement j’avais mis mes chaussures de course à pied à l’envers au cas où si il pleuvait. J’ai été bien inspirée! Pour le vélo j’essaye de faire comme je peux mais pas évident comme je suis pressée, le stress monte, je suis moins précise, ça m’énerve, je me stress. Bref, je dépose tout et je remonte de l’autre côté du parc (parce que oui j’étais tout dans le fond). Je décide d’enfiler ma combi dans le parc pour avoir plus facile que dans la pente du départ.

Et là, THE GALÈRE! Je rame un peu pour mettre les jambes mais ça passe. Je fais comme je peux, j’y vais même un peu à l’arrache -_-‘. Enfin, je vois Julien (ouf), petit bisou d’avant course, bonne chance mon amour! J’essaye de mettre le reste de ma combinaison et voilà. Impossible. Comme il a plu, elle est donc trempée (CQFD) sauf que comme l’intérieur est humide ça me colle trop à la peau et impossible de la mettre.

Panique à bord!

Bon, il est 16h50, je n’arrive pas à mettre le haut de ma combinaison, je n’ai pas encore su aller m’échauffer, je ne sais pas quel est le parcours en natation. Tutti va bene. Je rage, au fond de moi. Puis j’essaye de me calmer. Alors y a bien un moment je vais arriver à la mettre non? J’essaye autrement et à 16h55 j’y suis. Je mets le bonnet à la 6 4 2, mes lunettes comme je peux et j’essaye de me faufiler dans l’eau pour au moins prendre la température et partir sur le côté. Je retrouve Sophie, ma copine de départ en natation et ça me rassure un peu.

Bon ça y est, il commence ce triathlon?

SWIM

Voilà, le départ est donné! J’active ma montre et je veux commencer à nager sauf que la fille devant moi bat tellement des pieds que je risque d’y perdre la vie. Alors je la laisse partir et je démarre. J’ai du mal à trouver mon rythme. Je me suis mal mise, j’ai été pressée et stressée. On peut dire « spressée »? La fille à ma gauche essaye de me couler. Tu peux me toucher la tête et terminer ton mouvement en appuyant sur ma tête une fois. Mais pas quinze! Punaise à chaque mouvement elle tapait sur ma tête et essayait de me couler. J’ai essayé de battre des pieds et de la toucher pour lui faire comprendre et quand elle appuyait sur ma tête de taper dans son bras. Pas évident, surtout quand celle à ta droite commence à te foncer dessus.

Mayday, Mayday, à quel moment ma vie vaut moins que la tienne? C’est juste un triathlon on est pas à la guerre et tu dois pas sauver ta famille. Bref, je m’énerve, donc je nage moins bien. Puis j’essaye de relativiser.

Je sors tant bien que mal de l’eau en 10 minutes et quelques mais le bip ne se fait qu’au dessus de la bute et mon chrono officiel se comptabilise en 00:11:21. Ouf, je suis sortie de l’eau, plus que deux épreuves sur trois!

TRANSITION 1 + BIKE

Bon, courir jusqu’au vélo et commencer à enlever ma combinaison. Comme je savais que dans la montée j’allais un peu galérer, j’ai commencé à tout enlever une fois sur le bitume et plus dans la côte. Je ne retrouve pas tout de suite mon vélo tout simplement parce que je n’ai pas eu le temps de prendre un point de repère et voilà. Je le retrouve, enlève mes affaires tant bien que mal, je mets mes chaussettes, mes chaussures, mon casque, porte dossard, je prends mon vélo et je m’en vais!

Courir avec mes nouvelles cales: pas évident. Courir avec la pluie et les arbres: ça glisse. Je manque de tomber mais ça va. Je sors du parc et je prends mon temps pour monter sur mon vélo, il faut que je reprenne mes esprits!

Bon je ne traine pas trop quand même et en route! Ma première transition se comptabilise en 00:03:47. J’ai pris mon goûté quoi! Bref, en route! On démarre en traversant le barrage on tourne à droite pour remonter vers le premier parc à transition où il y a un turn point puis on fait demi tour (comme le nom « turn point » l’indique) et on descend tout droit dans les bois!

Triathlon d'Eupen, 2fortri, Elle,

Just ride.

La route est pas dégueulasse mais pas top. J’essaye de bien faire tourner les jambes, d’ajouter des vitesses etc, je fais du vélo quoi! C’est un peu vallonné mais quand même bien réparti sur le parcours. Il y a un second turn point et ensuite il y a quelques tournants un peu serrés et des passages ou je ne suis pas trop sure de moi. Avec les arbres on ne voit pas comment ça tourne et il ne fait pas super clair non plus.

Je ne sais pas où j’en suis sur le parcours. Je pourrais vous dire que ma montre à buguer sauf qu’ici, c’est moi. Est-ce que j’ai appuyé sur le mauvais bouton, mis en pause longtemps? Bref je me suis un peu emmêlé les pinceaux. Donc j’ai une partie de mon vélo sur mon temps de transition haha.

Quand j’aperçois le barrage pas très loin je sais que j’ai bientôt fini! Evidemment ça termine par la même petite côte avant le premier turn point. J’y mets du coeur, de la cadence et hop hop hop.

Je clôture mon temps vélo en 00:49:43, pas folichon tout ça!

TRANSITION 2 + RUN

J’arrive au parc, je dépose mon vélo. Ici je tiens à ajouter une petite note. Chacun a son vélo. Certain(e)s ont des machines de guerre, d’autres des vélos plus simples. Peu importe la valeur du vélo, respecter celui des autres c’est sympa. Peu importe le sens dans lequel vous le mettez, pas la peine de le laisser tomber sur un autre ou d’accrocher le groupe du vélo d’à côté.

Bon sinon pour en revenir à la course, je dépose mes affaires, j’enfile mes baskets, je prends ma penne et je décolle. Je termine ma seconde transition en 00:01:18.

Le début du parcours à pied se fait sur un chemin type Trail et pas du tout évident pour moi qui n’ai pas l’habitude! J’y vais avec prudence (oui elle m’accompagne souvent celle-là…) et surtout j’essaye de ne pas partir trop vite.

Comme d’habitude ma course à pied ne se passe pas bien du tout. Les douleurs au ventre commencent à apparaitre directement. Là je me dis de mordre sur ma chique. Après tout, beaucoup de triathlètes ont des douleurs, ça fait aussi partie de la course. Apprendre à continuer même si tu as mal. Alors j’essaye de garder la tête haute, le dos droit et de faire des petits pas. Je pense à Julien que j’ai croisé en vélo à un turn point et je pensais qu’il allait me rattraper avant la course à pied. Alors ça m’occupe parce que je suis en train de me faire des films. Il est tombé en vélo, il a crevé, bref…

Ensuite arrive la douleur à la « poitrine ». C’est une pointe que j’ai à chaque course depuis le début de saison. Au début je pensais que c’était peut être cardiaque mais le cardiologue à mon test à l’effort m’a dit que non. Mon coach me dit que c’est certainement musculaire et que c’est du stress, un point de tension. J’ai mal au dessus de la poitrine à gauche à peu près au même niveau que la pliure du bras. Seulement ça fait mal, c’est vraiment une pointe comme quand votre diaphragme vous empêche de respirer à fond. J’essaye de prendre une grande inspiration, de bien souffler mais ça ne passe pas.

Triathlon d'Eupen, 2fortri, Elle

 

Leitmotiv.

Je pense à Olivier, mon cousin. Lors du jogging de Gembloux, après la course, j’ai appris qu’il n’était plus parmi nous suite à un accident de voiture. Il souhaitait faire un triathlon avant ses 40 ans et il voulait qu’on le fasse ensemble. Il n’aura jamais l’occasion de le faire et cette course (et encore bien d’autres) seront pour lui. Même si il n’est pas la physiquement, il est quand même avec moi! Alors je l’imagine à côté de moi en train me dire « allez cousine, lâche rien ».

Alors je lâche pas. Puis je croise Julien, le premier ravito, ça me reboost un peu. Je m’arrête au ravito, je bois, je marche un peu, je respire et je repars. Pas évident. Les douleurs ne partent pas mais celle qui m’embête le plus c’est à la poitrine. Celle au ventre est généralisée. Elle ne prends même plus la peine de me faire mal que d’un côté haha. Bref, je continue. Encore un chemin type Trail, boueux, humide et glissant (les trois ne vont pas sans l’autre me direz-vous).

Une longue ligne droite, un tournant et un faux plat montant longiligne encore plus long que le précédent. C’est difficile quand tu vois au loin devant toi et que tu vois pas le bout. Alors je prends un point devant moi et je le lâche pas. Vient un moment où j’en peux plus et je préfère marcher 15-20 secondes. Il y en a qui m’encouragent. Je me dis que je passe vraiment pour une débutante. Mais je me dis que débutante ou pas, t’as le droit de marcher. C’est pas une honte, c’est pas une défaite. C’est juste l’écoute de soi. Même si parfois il faut mordre sur sa chique, là je sentais que ça n’allait pas du tout.

Je me dis de tenir bon. Je ne sais plus si c’est 5, 6 ou 7km (#touriste). Tant pis, il faut bien finir de toute façon, Julien m’attends à l’arrivée et Olivier m’encourage d’en haut! Je continue, marche au ravito et une ou deux fois encore sur le parcours. J’aperçois le barrage, j’entends le micro… Mais je ne sais même pas où est exactement l’arrivée (#touriste). Je me doute que ce n’est plus très loin.

Ca y est, j’ai terminé!

J’arrive donc en bas de la fameuse première côte en vélo, avant le premier turn point. En fait l’arrivée se fait là juste à côté du départ en course à pied. Il faut donc monter la côte. J’en peux plus, j’ai plus de force ni dans les jambes, ni dans la tête. Mais pourtant je souris. Pourquoi? Mystère! Mais je sens que même si c’est dur, rien n’est insurmontable. Je souris parce que j’ai pas lâché, même si j’ai marché et que la ligne d’arrivée elle est juste là.

Je me dis que la côte juste avant l’arrivée c’est vraiment pas cool haha. Mais une fille rends ça plus sympa en m’encourageant « allez, la Madame d’instagram ». Qui ça? Moi??? Waouw, ça me fait super plaisir et franchement si vous passez par ici, merci! Merci, merci!

Triathlon d'Eupen, 2fortri, Elle

 

Du coup je continue avec le sourire qui s’agrandit (et je pense même pas au chocolat à l’arrivée, j’en ai même pas pris)! Puis j’entame le sprint sur le tapis de l’arrivée. Là je souris, j’ai le visage qui se contracte aussi. J’ai l’impression que j’ai une énorme boule au fond de mon ventre qui remonte.

Je passe la ligne d’arrivée, je me mets sur le côté directement, je me plie en deux et… non je ne vomis pas! Mais par contre j’hyperventile. Comme si je faisais une crise d’angoisse ou je ne sais pas. Pas vraiment une crise d’asthme (je suis susceptible avec mes allergies mais bon) car le problème ce n’est pas que je ne trouve pas mon souffle, c’est que j’ai trop d’émotions qui veulent sortir. Je pleure, j’essaye de respirer. Pourquoi je suis dans un état pareil? Je ne sais même pas moi même.

Je clôture le triathlon d’Eupen petite distance en 01:47:41 en 360ème place au général. Et j’aime toujours autant le triathlon et les sensations que ça me procure même si ce n’est pas toujours agréable.

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